
Trois changements susceptibles de transformer les soins de première ligne au Canada
Les soins de première ligne au Canada sont sous pression.
La demande en soins de première ligne augmente partout au Canada. Les cliniques s'efforcent de suivre le rythme, tandis que les médecins consacrent davantage de temps aux tâches administratives qu'aux soins aux patients
Parallèlement, trois évolutions politiques sont en cours qui pourraient façonner l'avenir des soins de première ligne au Canada. Elles ne retiennent pas encore beaucoup l'attention. Mais, prises ensemble, elles pourraient avoir un impact considérable.
1. Une nouvelle interprétation de la Loi canadienne sur la santé
À compter du 1er avril, une nouvelle interprétation de la Loi canadienne sur la santé élargira la couverture publique afin d'inclure certains services dispensés par les infirmières praticiennes, les pharmaciens et les sages-femmes lorsqu'ils fournissent des soins similaires à ceux prodigués par les médecins. À terme, cela pourrait également modifier le mode de financement des services dispensés par les infirmières praticiennes, la facturation étant de plus en plus liée aux soins prodigués plutôt qu'au prestataire.
Les soins de première ligne ont toujours été organisés autour des médecins. Mais les soins de santé sont de plus en plus dispensés par des équipes. Ce changement tient compte de cette réalité et soulève des questions importantes quant à la manière dont les soins seront coordonnés, dont les responsabilités seront partagées et dont des normes cohérentes seront maintenues.
2. Un guide national sur le fonctionnement des soins de première ligne
L'Organisation des normes de santé a publié un projet de norme nationale relative aux services de soins de santé primaires afin de le soumettre à l'examen du public.
L'objectif est de définir ce à quoi devraient ressembler des soins de première ligne de qualité partout au Canada et ce que les patients devraient pouvoir en attendre. Le projet met en évidence une évolution vers :
- des soins dispensés en équipe, plutôt que des modèles reposant uniquement sur des médecins
- un accès plus facile en tant que premier point de contact
- continuité des soins au fil du temps
- une meilleure coordination entre les services
- évaluation et amélioration continues des résultats
Bien que la prestation des soins de santé varie d'une province à l'autre, cette norme vise à établir une vision commune de la manière dont les soins de première ligne devraient être organisés et dispensés à l'échelle nationale.
3. Un examen du financement fédéral des soins de santé
En 2023, le gouvernement fédéral a signé des accords avec les provinces qui ont permis de débloquer 46 milliards de dollars de nouveaux fonds destinés aux soins de santé.
Le premier examen de ces accords vient de débuter.
Cette étude aura une incidence sur la manière dont les futurs fonds destinés à la santé seront utilisés — et soulève une question importante : le financement fédéral pourrait-il être subordonné à des normes nationales en matière de soins de première ligne, et pas seulement pour les hôpitaux ?
Un moment politique exceptionnel
Chacune de ces évolutions touche un aspect différent du système de santé :
- Qui dispense les soins ?
- À quoi devraient ressembler des soins de première ligne de qualité
- Comment le système de santé est financé
C'est lorsque ces éléments agissent de concert qu'un véritable changement devient possible.
Des pays comme le Royaume-Uni, l'Australie et les Pays-Bas montrent que le financement à lui seul ne suffit pas à redresser les soins de première ligne. Ce qui compte, c'est d'avoir une vision claire de ce à quoi les patients peuvent s'attendre. Le Canada a peut-être aujourd'hui l'occasion de définir cela
Une pièce de plus du puzzle
Les politiques peuvent remodeler le système. Mais les soins de première ligne dépendent aussi de la réalité quotidienne de la pratique médicale.
Aujourd’hui, de nombreux médecins de famille consacrent entre 10 et 20 heures par semaine à des tâches administratives : rédaction de dossiers médicaux, demandes de consultation chez des spécialistes, facturation et remplissage de formulaires. C’est du temps qui ne peut être consacré aux patients ni à la pérennité de la profession.
Si le Canada souhaite renforcer son système de soins de première ligne, nous devons réfléchir à deux aspects : la manière dont les soins sont organisés et la manière dont nous pouvons permettre aux cliniciens de consacrer plus de temps à leurs patients.
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