
Je me souviens encore d'AJ en résidence - à l'époque où TikTok n'existait pas, les DME étaient plus ou moins les mêmes, et d'une certaine manière, nous avions tous un peu plus d'espoir.
AJ (cofondateur de Pippen AI) est le genre de personne qui vous a convaincu que la médecine familiale pouvait être une vocation, et non une simple carrière. Je me souviens encore d'AJ, classé au CaRMS : un homme optimiste, idéaliste, qui parlait de la médecine familiale comme si c'était la chose la plus naturelle et la plus noble qu'une personne puisse faire. Il voulait servir la communauté, suivre les patients à chaque étape de leur vie, et peut-être même travailler dans une ville rurale où tout le monde connaîtrait son nom.
Mais c’est une perspective qui devient de plus en plus rare.
Au Canada, la médecine familiale est actuellement en difficulté. Ou, plus précisément, nos systèmes le sont. Le nombre de postes de résidence en médecine familiale vacants est à son plus haut niveau : 268 en 2023, 252 en 2024. C’est comme voir sa boulangerie locale fermer ses portes pendant que la ville construit un autre bar à beignes artisanaux à côté de la clinique de cardiologie. Quelque chose cloche, et ce n’est pas seulement une question de sucre.
J'ai donc lu le récent article du Médecin de famille canadien — « Principales influences et préoccupations des résidents choisissant une carrière en médecine familiale » de Nutik et al. — avec un optimisme désespéré. L'article pose la question suivante : qui, au milieu de ce lent effondrement, choisit encore de devenir médecin de famille ? Et pourquoi ?
Ce qu'ils ont trouvé : quatre raisons qui sont, honnêtement, plutôt belles
Ce sont des gens qui viennent d'entrer en médecine familiale. De nouveaux résidents. Encore pleins d'intentions. Et lorsqu'on leur a demandé pourquoi ils avaient choisi la médecine familiale, leurs réponses ne portaient pas sur le prestige ou des aspects liés au prestige. Elles étaient, eh bien… humaines.
1. Flexibilité
Pas le genre de travail à Bali pendant six mois (même si, honnêtement, ce n'est pas totalement exclu). Il s'agissait de construire sa vie : choisir sa communauté, adapter ses horaires, élargir ses horizons. Une carrière qui plie au lieu de se briser.
2. Relations
Cette médecine à l'ancienne : vous connaissez vos patients et ils vous connaissent. Vous accouchez, vous prenez soin de leur parent âgé et, des années plus tard, cet enfant arrive dans votre clinique, jeune adulte, avec votre visage en tête. Le genre de soins qui s'étendent sur toute une vie, et pas seulement sur des rendez-vous.
3. Bonnes expériences en FM pendant mes études de médecine
Il s’avère que lorsque les étudiants bénéficient d’une exposition précoce et significative à la médecine familiale – et que celle-ci est présentée comme une partie précieuse et intégrante de la formation médicale – ils sont plus susceptibles de la choisir.
4. Modèles
Celle-ci est d'une simplicité déchirante : ils ont vu quelqu'un faire de la médecine familiale et se sont dit : « Je veux être comme ça . » Quelqu'un de calme dans le chaos. Quelqu'un d'entier. Quelqu'un qui semblait aimer son travail.
Mais ensuite, les inquiétudes
Bien sûr, tout n'est pas rose. La plupart des résidents ont également exprimé un sentiment plus sombre : ils ont le sentiment que le monde ne valorise pas vraiment ce qu'ils ont choisi. Ni le gouvernement, ni la population, ni parfois même leurs propres institutions.
Ils craignent également d’être dépassés par l’incertitude, par la complexité, par le genre de problèmes qui surviennent tous en même temps dans la salle d’attente d’un cabinet de médecine familiale chaque jour.
Et ces peurs ne sont pas imaginaires. Elles sont structurelles.
Alors… Et maintenant ?
L'article se termine par une série de recommandations. Certaines sont d'ordre pédagogique : une exposition plus précoce à la médecine familiale, de meilleurs mentors, des stages longitudinaux qui ne soient pas perçus comme un élément secondaire du « vrai » programme. D'autres sont systémiques : traiter les médecins de famille comme les spécialistes qu'ils sont, investir dans les soins primaires, empêcher les politiciens de considérer la pénurie comme un problème abstrait à régler ultérieurement.
Mais en tant que personne qui crée des outils pour soutenir concrètement les médecins de famille – des outils qui réduisent les heures passées à se noyer dans la documentation afin qu'ils puissent se consacrer à leur passion (vous savez, le métier de médecin ) –, cet article m'a semblé être une autorisation. Un appel. Peut-être même une étincelle.
Car voici ce que je vois quand je lis cette étude :
Une profession définie non pas par le prestige, mais par la proximité.
Non pas par hiérarchie, mais par humanité.
Non pas par le contrôle, mais par la complexité – et la grâce nécessaire pour la gérer.
Et si c’est la version de la médecine que nous voulons davantage – et je pense que c’est le cas – alors nous devons faire plus que simplement applaudir les gens qui la choisissent encore.
Il faut que ce soit viable. Durable. Agréable, même.
C'est ce que nous construisons chez Pippen AI . Pas une solution miracle. Mais un outil qui affirme : votre travail compte. Votre temps compte. Revenons à l'essentiel.
– Mary Aglipay, co-fondatrice, Pippen AI
